La Manivelle, la bibliothèque d’objets qui fait des émules

On découvre parfois des projets dont l’idée, une fois assimilée, nous paraît évidente et surtout nécessaire. La Manivelle est un de ces projets.

Cette évidence, elle est apparue à Robert Stitelmann lorsqu’il a découvert le principe de la bibliothèque d’objets de la Remise, à Montréal. Il a alors creusé le sujet et, de fil en aiguille, participé à créer une bibliothèque d’objets à Genève, il y a 2 ans. Depuis, l’idée se répand dans les environs et il n’y est pas étranger.

Nous avons pu échanger avec lui un bon moment, l’intérêt de ce projet et des principes qu’il met en œuvre nous a alors frappé. À la croisée des chemins entre social, économie et environnement, voici une sélection des (nombreux) éléments phares d’une discussion passionnante !

Dans les locaux de la Manivelle à Genève.

La Manivelle, qu’est-ce que c’est ?

Robert Stitelmann : La Manivelle, c’est tout simple, c’est comme une bibliothèque mais pour tout type d’objets, donc au lieu de retrouver des livres ou des jeux par exemple, on a des outils : perceuses, scies sauteuses… Les classiques ! On a du matériel de sport, de camping, de cuisine, d’événementiel, tout un tas de matériel qu’on peut venir emprunter.

Le projet compte un salarié et demi, une équipe d’une vingtaine de bénévoles plus ou moins impliqués et un peu plus de 300 utilisateurs. Un nombre destiné à augmenter, sur le lieu initial, mais pas seulement… Puisque La Manivelle est maintenant aussi à Lausanne !

R.S. : Exact, c’est un peu le truc magique. On s’est lancé en janvier 2019, ça fait deux ans et c’était l’une des premières bibliothèques d’objets. En fait, à Berne, il y a un groupe qui s’est lancé exactement en même temps que nous et donc on était les deux premiers en Suisse. Et c’est assez magique parce que maintenant, on est douze villes avec des collectifs d’habitants, il y a diverses manières et structures qui se sont lancées et on les a accompagnées, partagé notre expérience… Donc effectivement, c’est chouette de voir que ça pousse comme ça.

La réplication d’un principe éprouvé

On aborde ici un des sujets principaux, la réplication et une logique open source afin de faciliter la multiplication dans d’autres villes. Comment est-ce que cela se passe de votre côté en pratique ?

R.S. : Il y a 2 choses : l’outil de catalogue en ligne qui n’est pas open source. Ce sont des Américains qui l’ont créé et qui louent la plateforme (ndlr  : le logiciel pour gérer le catalogage et prêt d’objet) qui n’est pas cher, quelques centaines de francs par année. Franchement, c’est tout à fait abordable et c’est hyper pratique, c’est vraiment le cœur du truc, mis à part trouver un lieu. Par contre, sur la démarche, le fonctionnement, le rangement, tout ça, j’ai vraiment à cœur cette idée de réplication et de viser l’impact, pas juste celui de la Manivelle, le but, c’est qu’il y ait des bibliothèques d’objets partout !

Et effectivement, on partage notre expérience parce qu’on apprend autant des autres et justement, on a aidé Lausanne à grandir et puis maintenant, ils développent leurs propres idées et on s’inspire de ce qu’ils font. Par exemple, les bons pour Noël on ne l’avait pas fait, ils ont fait un super design donc on l’a juste récupéré parce qu’on est dans cette dynamique-là. (Ndlr : des bons cadeaux pour X mois d’abonnement à la Manivelle que vous pouvez commander en ligne, envoyés par courrier au destinataire.) Donc effectivement, on essaie d’être au maximum dans la diffusion de ces modèles.

“Il y a plein de trucs qui existent qui marchent, il faut juste les appliquer partout et se les réapproprier.”

Un projet porte-étendard de nombreuses valeurs

Cette idée évoque un certain nombre de valeurs, quelles sont celles que tu souhaites incarner à travers ce projet ?

R.S. : Il y en a plein ! *rire* Non, je dirais les valeurs portées par le projet, c’est-à-dire : l’entraide, le partage, tout simplement et le respect, l’inclusion. Je pense que ce sont des éléments très importants, que tout le monde est le bienvenu dans sa diversité et dans toutes ses formes, pas de discrimination. Et puis ces deux valeurs clés se répercutent ensuite sur d’autres valeurs. C’est le truc central, être ensemble, partager et amener du respect et de l’entraide. On essaie de faire un truc convivial !

On va revenir sur ce qu’il y a derrière le principe de la bibliothèque d’objets, qu’est-ce que tu aimes particulièrement dans ce projet ?

R.S. : Tout ! *rire* Sauf la paperasse. C’est un projet qui me tient énormément à cœur parce qu’il est au centre de différentes thématiques, c’est autant un projet social qu’un projet écologique, environnemental et quelque chose de très pratique et économique, on va dire. Cela reprend les cercles du développement durable. C’est autant du vivre-ensemble que de la réduction pragmatique et pratique de déchets et c’est aussi une solution pour des gens qui ne sont ni écolos de base, ni à vouloir aider dans le milieu associatif, ils se disent juste “C’est pratique, je libère de la place chez moi et j’économise de l’argent !” Et tant mieux s’ils s’y retrouvent. Voilà, c’est vraiment tous ces aspects-là qui sont regroupés dans un projet donc c’est chouette.

C’est hyper drôle parce que bon, on ne touche pas encore toute la population, on est loin de là, mais les gens qui viennent vendent eux-mêmes le projet. On n’a souvent pas besoin de leur expliquer, ils sont là “Ah ouais parce qu’en fait, on peut partager et puis chez moi, j’ai ce truc qui ne sert à rien”, ils déroulent tout l’argumentaire ! Ils ont très bien compris en deux secondes l’intérêt et ils le savent déjà. Donc, c’est assez beau de voir les gens incarner le leitmotiv de la Manivelle.

“C’est fait par et pour les gens !”

Nous ne sommes pas les seuls ayant été frappés par le principe. Et au-delà de celui-ci, il y a une idée d’action sur le système, la société et cela ne se fait bien entendu pas seul.

R.S. : J’ai vraiment une vision, où, si on peut tous se développer ça a beaucoup plus d’intérêt que ce ne soit juste la Manivelle qui grandisse. Il y a vraiment une notion de réseau et d’écosystème qui est très importante. […] Savoir s’entourer de gens qui sont prêts à donner, c’est, je pense, un des éléments clé dans ce type de projet.

Compter sur la collaboration, ne pas la sous-estimer mais vraiment la stimuler au maximum! C’est un autre élément fort que je garde de cette aventure : “comment les gens sont prêts à aider, à donner, et à participer” et “comment je n’aurais jamais réussi tout seul” parce qu’il y avait beaucoup de choses à faire et il faut les compétences, les expériences et l’énergie de plein de gens pour réussir à monter un truc comme ça.”

photo fruit manivelle
Les outils ont une place prépondérante parmi les objets.

Et cela a pris grâce aux gens d’ailleurs ! Notamment les objets que l’on dénombre à plus de 1600 à Genève, rien qu’en dons, c’est bien ça ?

R.S. : Ça a démarré avec vraiment rien ! Et c’est ça qui est intéressant, on a eu un bail pas cher, en plein centre-ville dans des locaux d’associations, c’était le déclencheur.

On a fait un financement participatif pour rassembler les premiers abonnés et en même temps faire de la com‘, et il y a cette vidéo où on a ce local qui est vide ! *rire* avec trois trucs quoi ! J’ai amené ma vie comme je fais quand même pas mal de bricolage, de sport, tous ces trucs que je prêtais déjà à des amis, je les ai mis là. Et puis différentes personnes ont commencé à mettre (des objets) donc on a montré le potentiel et on a dit “on compte sur vous !” Et c’est un pari qui a tenu la route parce qu’on a tous beaucoup trop de choses qui traînent. Donc, on a effectivement rassemblé 1600 objets et outils par des dons, c’est chouette, mais c’est clair que ça aurait pu ne pas marcher, c’est un peu un pari, ouais !

Les bénévoles qui font vivre le projet.

Malgré les dons, il y a logiquement des coûts pour faire tourner la Manivelle, quand bien même c’est à but non-lucratif. Et pour que ce soit accessible à tous, des soutiens sont d’autant plus nécessaires. Et là encore, des inspirations venues d’outre-Atlantique donnent des idées pour la suite.

R.S. : On a comme exemple des grandes villes comme Berkeley ou Oakland aux États-Unis, où c’est aussi parti de projets associatifs, ils ont eu des soutiens, des subventions et maintenant, c’est inclus dans le service des bibliothèques. Donc ils ont entre 300 et 400 mille dollars, plusieurs antennes, des employés et puis c’est gratuit pour tous les habitants! Ils ont 40 000, 50 000 inscrits, les gens viennent et ne se posent plus de questions, c’est juste génial !

On est un peu en grand écart : il faut survivre, il y a quand même plein de gens qui nous disent “oui, mais vous offrez un service, vous devez être autosuffisants”, il y a toujours ces réflexions-là, “un projet doit générer du revenu et faire ses preuves”. Et en même temps, on a ce but idéal de se dire “Mais en fait, ça devrait juste être gratuit pour tout le monde, ou très peu cher !”.

Est-ce qu’on veut créer une entreprise, montrer que ça marche ou est-ce qu’on veut changer la société et rapidement changer les habitudes de consommation ? Si on veut rapidement changer de consommation, il y a un certain investissement à faire…

Est-ce qu’on peut dire que le but ultime serait de faire de la Manivelle une sorte de service public comme l’exemple des États-Unis ?

R.S. : Pour moi, ouais ! Clairement, il y a toujours cet enjeu, ça doit être soutenu par les collectivités publiques mais ça ne doit pas devenir un service public, parce qu’on voit comment ça marche! *rire* Et puis il y a aussi cette implication citoyenne, c’est par les gens et pour les gens. Donc je l’assimile plus à une fondation d’utilité publique comme cela se fait pour le logement, par exemple l’Institut de Maintien d’Aide à Domicile (IMAD) pour les personnes âgées à Genève. C’est paraétatique en fait ; mais que ça reste indépendant […] C’est compliqué parce que c’est quelque chose qui n’existe pas, enfin très peu.

“Quand on veut faire des choses qui ont du sens, écologiques et qu’on veut rendre accessibles au grand public, c’est très difficile de rentrer dans ses frais.”

Robert présentant le projet de la Manivelle.

Une vision audacieuse, partie d’un tout cohérent

Et votre initiative va encore au-delà et s’inscrit désormais au sein de la MACO, peux-tu nous détailler en quoi elle consiste ?

R.S. : La MACO, c’est cette manufacture collaborative qui rassemble beaucoup de gens autour du réemploi, de la réutilisation, donc l’économie circulaire.

On a La Manivelle avec le prêt d’objets, d’outils ; on a Matériuum qui est une ressourcerie, ils récupèrent des matériaux bruts ou relativement bruts, ça peut être : des panneaux de bois, des panneaux plastiques, des tissus, des bâches, du métal… À la base, le projet est de récupérer ce qui vient des expos et de l’art,  il y a des montages qui durent une semaine ou deux, après ça part à la poubelle… Ce sont des architectes, des designers qui ont créé ça et typiquement quand il y a des démolitions de bâtiments, ils vont choper des éviers, des radiateurs, etc. C’est vraiment du réemploi. Une ressourcerie c’est ça, on prend des matériaux d’occasions et on les valorise, c’est génial !

Et puis il y a aussi Sipy qui fait du troc d’habits, l’idée, c’est qu’on a plein d’habits qu’on n’a plus envie de porter, on a besoin de renouveler son style, et ils ont créé une monnaie toute simple où tu amènes des habits, ça te fait des points et ensuite tu peux prendre d’autres habits. C’est vraiment le truc le plus simple au monde et pendant quatre, cinq ans, ils ont fait beaucoup d’événements, tous les deux ou trois mois, il y avait des événements où on pouvait venir, échanger. Maintenant, l’objectif pour eux c’est d’avoir cette boutique, ça va vraiment changer la donne parce que les gens vont pouvoir venir au quotidien.

Et en haut, on a les ateliers donc ça c’est vraiment le top aussi. On a d’un côté le Grand Atelier, un atelier manuel où ils font plutôt tout ce qui est bois, métal, soudure, couture… Et de l’autre côté, on a le fab lab, l’atelier numérique où c’est de la conception et impression 3D, découpe et gravure laser, et autres projets de fab lab qui sont aussi un peu moins numériques. Eux vont donc partager un grand espace de 500 ou 400 mètres carrés.

Donc, il y a tous ces projets qui sont liés naturellement. Tu as un projet, tu vas prendre de la matière, tu vas la fabriquer et puis quand tu en auras besoin pour chez toi, tu vas emprunter un truc à La Manivelle, et puis tu as tes habits que tu troques, un bonus mais clairement dans la même dynamique ! Et voilà, c’est top !

“C’est de la politique par les actions !”

Des bénévoles devant la MACO.

Est-ce que tu penses que ça va se développer ce genre d’idées, de regrouper des structures qui se veulent positives et peuvent être complémentaires ?

R.S. : Carrément, c’est le futur ! C’est mon petit combat en ce moment, depuis une année j’essaie vraiment de pousser à Genève, au-delà de l’économie circulaire et des cinq associations, on peut imaginer une épicerie participative… J’ai vraiment cette vision de supermarché de la transition. […] Je pense que ce qui a le plus d’impact et ce qu’on veut faire, c’est changer les habitudes de consommation des gens ! Parce qu’ils consomment au quotidien et puis parce que c’est très pratique donc il faut qu’on ait des solutions simples et proches de leurs environnements.

Donc dans chaque quartier ou chaque commune, qu’il y ait un centre de consommation durable ! Pour moi, c’est un peu du subconscient, en faisant consommer des petits trucs différents où ils n’ont pas l’impression de trop changer leurs habitudes, en fait ça fait changer leurs valeurs. […] C’est un peu la théorie du changement de La Manivelle, il y a ce qu’on fait, c’est un truc très simple : tu empruntes un objet et ça ne paye pas de mine en quelque sorte, mais l’idée, c’est vraiment de défier ces deux fléaux de la société que sont l’individualisme et la consommation, le consumérisme !

Ce sont un peu les deux cibles, mais s’attaquer à l’individualisme directement, c’est très difficile et puis le faire par des débats et essayer de convaincre des gens par des discussions et des mots sur ça, c’est quasi impossible! Donc en fait, c’est hyper intéressant avec cette espèce de pyramide où tu as les actions dans le quotidien, après tu as en gros le cadre, les habitudes et puis après, il y a justement les valeurs. Pour aller toucher le haut, les valeurs, tu ne vas pas aller voir quelqu’un et lui dire “Soit moins individualiste” *rire* c’est pas possible. Par contre, quand il aura un besoin très pratique, il va venir et en faire part, puis il va voir que ça marche et que c’est chouette, et insidieusement ça va le faire changer. Voilà, c’est un peu mon état d’esprit. Et ma manière de bouger ça et d’agir, c’est vraiment d’être très pratico-pratique et c’est ça qui va faire ce changement.

Et puis, je pense que c’est essentiel de ne pas tomber dans une solution de pansement, par exemple des gens ont faim dans le monde et tu vas “juste” leur amener à manger. Tu ne changes pas les causes, les racines du problème donc justement pour chaque projet, il faut identifier les racines donc nous, La Manivelle, on aurait pu se dire que c’est la production de déchets.

“En fait, la racine du problème c’est l’individualisme et la consommation !”

C’est de ça que découle le fait que l’on ne partage pas, c’est chacun pour soi et donc on consomme énormément. Et si tu apportes une solution en voulant viser un problème qui n’en est pas un, parce que tu n’as pas cherché assez loin ou celui que tu veux vraiment viser, tu rates ta cible. J’ai dévié, mais pour moi c’est important à transmettre.

Maintenant que vous avez emménagé à la MACO, quels sont les plans pour la suite ?

R.S. : Les plans, c’est justement d’ouvrir des antennes car il faut être proche de la population donc là, on a essayé de chercher un réseau d’acteurs. Sur Vernier, aux Avanchets, on a la ludothèque avec une équipe qui a vraiment été très sensible et qui nous offre un peu d’espace. À Carouge, il y a la fondation Trajet, qui travaille avec des personnes en situation de handicap, ils ont un peu d’espace et ils ont envie d’interactions avec le public, de mixer les populations, etc. C’est un superbe outil pour faire venir des gens qui rencontrent leurs bénéficiaires. Il y a plein d’idées comme ça alors on va vraiment essayer d’ouvrir ces antennes. À côté, il y a plein d’autres villes, on accompagne Delémont, on va essayer de lancer à Nyon donc on explose de partout !

Les apports concrets de la Manivelle.

C’est tout ce que l’on souhaite à la Manivelle, et plus globalement une démocratisation des bibliothèques d’objets et tout ce que le principe véhicule. Consommation réduite et raisonnée impliquant des dépenses évitées et un gain de place, optimisation de la durée de vie des objets par un entretien plus rigoureux sont autant d’impacts positifs.

Ce projet aux multiples facettes nous a beaucoup parlé, les messages véhiculés sur le partage d’expérience, l’entraide et l’accessibilité font écho à ce en quoi nous croyons. La dimension sociale est évidente, et la vision du projet dénote d’une dimension politique inscrite en filigrane. Celle-ci prend tout son sens dans l’idée d’aboutir à un service public accessible au plus grand nombre, dans un esprit de vivre-ensemble aux impacts socio-environnementaux concrets et multiples.

Véritable traînée de poudre se propageant d’ores et déjà dans nos contrées, on ne peut que souhaiter de voir fleurir bibliothèques d’objets, ressourceries et rassemblements comme la MACO qui incarnent de telles valeurs. Robert et la Manivelle sont en tout cas de beaux porte-étendards de celles-ci.

Vous pouvez retrouver La Manivelle sur son site internet et les réseaux suivants : Instagram ; Facebook ; LinkedIn.

Plus d’informations sur la MACO et les structures qui s’y trouvent.

Vous pouvez les contacter via ces réseaux si le concept de la bibliothèque d’objets vous séduit, pour en savoir plus et peut-être contribuer à la réplication d’un de ces lieux, qui sait ?! Ils référencent d’ailleurs celles de Suisse à cette adresse.

L’ensemble des photos et illustrations est utilisé avec l’aimable accord de la Manivelle.

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